Nous sommes seuls,
Livrés à nous mêmes.
Ignorants comme nôtre aïeul.
Terrifiés au fond des nuits.
Craintifs dans les rayons blêmes,
Fuyant face à la vie.
Coiffant l’immensité ; nul berger.
Un vide, le néant,
Un espace sans fin livrant nos imaginaires aux tourments.
Un fossé où s’éteint la pensée.
En quête de sens, de symboles,
Érigeant des églises aux splendides coupoles,
Dessinant des croix,
Scrutant aux sommets des beffrois…
Il n’y a rien, rien du tout.
Rien que nos semblables luttant comme des fous,
Remplissant des charniers,
Allumant des bûchers,
S’entre-déchirant pour des idoles.
Les poings brandis furieusement,
Prêts aux exactions les plus folles,
Aveuglés par le sang,
Égarés par les écrits,
Pleins de haine et de mépris.
Où sont les sourires qui embellissent?
Les rires de joie complices?
Les chants calmes des bienheureux?
Les amants d’un soir fiévreux?
Toutes ces promesses qui ont pavées mon enfance
Me laisse aujourd’hui comme un adulte en souffrance.
Accueillez moi routes et chemins, laissez dérouler mes doutes sur vos tracés sereins. Au rythme de mes pas, chargés d’errance, l’esprit en déroute. Soyez mes complices silencieux, porteurs muets, voies terrestres reculées, mes semelles résonneront sur vos fuites sinueuses.







