Ne voyez-vous pas vos horizons d’acier,
Qui sous vos doigts dessinent des futurs glacés.
Que craignez-vous pour embaumer ainsi
Ce qui fait le sel de la vie?
N’étions-nous pas plus heureux
Quand nous allions, haillons, sandales
Sans joug, sans dieux.
Portant nus nos rêves
Sous les cieux d’éclairs traçant nôtre espace absidal.
Sans poids qui nous grève.
Sans filins,
Mais libres!
À deux pas du ravin,
Mais libres!
Garder vos vœux raisonnables.
Laissez-moi, voisin des Hyades,
Dansant fiévreux, solitaire en parade.
Au-dessus de moi ces cercles d’effrois,
Mille oiseaux de proie.
Cette fragilité qui vous est détestable.
Je couvrirai mon corps de fleurs en guise d’étoupe
Et quand sur moi, indécent, marcheront les troupes,
Je deviendrai brasier,
Sublime, fugace, un roi de cendres couronné.
