Heidi


La pluie dans sa chute, parfois du ciel arrache quelques beautés.
Des précipitations naît alors un précipité,
Un être parfait, une bête philosophale
Changeant en or chaque instant,
Transmutant chaque hommes en amant.
Reine du végétal, maitresse de l’animal,
Laissez-moi, en quelques vers maladroits
Vous racontez le visage qui des astres deviendra roi.
 
En boucles, tombent des rayons d’ambres
Occultant par alternance deux cristallins ruisseaux.
Ces yeux, d’un esprit vif la chambre,
Comme deux perles de candeur,
Percent aussi sûrement les cœurs
Que les chants des plus rares oiseaux.
Son minois au hâle solaire,
Du nez au menton
Parcouru de doux rebonds,
Anime les faciès les plus sévère
D’une joie juvénile,
De celle qui dilate les pupilles.
Oui elle est bien jouvence
Et c’est avec prudence
Que l’on se penche sur ses reflets
De peur de n’y lire, pour notre image, aucun attrait.
Car comme toutes les déesses
Elle sèmeras en son sillage mille détresses,
Mille hommes éconduits
Qui après avoir fixé le soleil, gouteront la plus profonde des nuits.
Mais pour moi, déjà gavé de fiel
Âme errante, golem de gâchis;
Elle est une corde jetée du ciel
Pour que je revienne à la poésie.
 
Si je devais choisir au monde
Pour sertir mes jours, une idole,
Je n’hésiterai pas une seconde
Et je choisirai celle naquit
De la pluie et du sol; Heidi.

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