Sirène


Non mon horizon n’est pas fabuleux.
Je le vois, plonger à pique,
Dévoré par quelques monstre venus de ténèbres archaïques.
Précipité dans des confins hideux.
Mes romances éventrées,
Que me reste t’il? Une âme éventée
Et des cendres pour mes poèmes.
Je ne suis qu’un navire sans équipage
Destiné aux noires dentelles des récifs.
Je m’enfonce dans les flots glacials, plaintif,
Sans recours.
Vagues brisées ma coque de rage.
Homme ne me porter aucun secours.
Mon tombeau sera sous marin.
Ces profondeurs sans lumière,
Dissimuleront au monde ce corps sans attrait.
Les créatures abyssales emporteront, bout par bout, ce vaisseau de misère,
Mes pleurs remplacés par des clapotis sereins.
 
À terre, nul doute que d’autres cœurs, aux fortes marées,
Finiront sous les rouleau furieux, noyés.
Trompés par le doux chant des sirènes,
Qui laissent dans les remous, affleurer leur poitrine.
Leur peau de nacre contrastant avec les teintes marines.
Sous leurs griffes ils croiront entrevoir l’amour, ils ne découvriront que la haine.
 
Naufrageuse au corps d’Éden,
Allume tes feux trompeurs,
Et pièges le mousse assoupi dans les brumes.
Il se couchera sur ton lit de mort et d’écume.
Espérant dans tes creux retrouver la chaleur.
Mais dans ses veines,
Déjà le sang bleui.
Bientôt flottera un corps nu dans les débris.

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