Plongé dans la pénombre,
Des feux sonores m’arrachent à mes pensées sereines.
La solitude à nouveaux m’écrase.
La vie n’est pour moi qu’un leurre
Qui me détourne de la mort.
Pour combien de temps encore ?
Quelques mots à mes lèvres.
Des prières.
Sur les mur les phares projettent des ombres,
Mes vierges ressurgissent en nombre.
En mon cœur comme du lierre;
Pousse la fièvre.
Je n’ai qu’un culte, primitif.
Venus des Pangées,
Chevillé au plus profond de chaque homme,
Chez moi, il ne cesse de brûler.
Vénus au corps, le désir comme seul idiome.
Des milliards de temples mouvants;
Laissez-moi fouler ces parvis,
Pénétrez ces nefs.
À genoux pour vous chérir,
Je caresserai vos bas-reliefs.
Sous vos croix, soumis,
Dans vos rayon, priant.
Aux portes les odeurs de chairs et de parfums mêlés,
Mon encens à moi, extase des corps fantasmés.
Écoutez, tout mon être chante vos louanges.
Je ne suis pas un simple amant,
Je suis vôtre ange.
Je porterai sur terre les lois de votre beauté.
Sans faille, infatigable messager.
Permettez-moi de voir, de toucher,
Et nul part au monde votre grâce ne sera ignorée.
J’userai de sort,
Chamane, mes mots tissés par la vision de vos corps entre mes reins abusés.
Je dévoilerai vos trésors.
Idoles je vous brise,
Pour répandre sur le monde la jouissance exquise.
De vôtre zénith je serai la passerelle.
Mes yeux imprégnés de vos douceurs charnelles,
Témoigneront à chaque instant,
À chaque battement.
« Vois mon frère dans mes yeux, étreins le paradis.
Incline toi, je cligne, la vie s’éteint ici. »
Déesse ne vous refusez pas à moi.
Je me sais répugnant, lubrique et ruisselant,
Mais si vous êtes mon salut,
Je suis le rehaut de vos vertus.
Le scribe, la pythie,
L’oracle, annonciateur de vos miracles.
De vôtre gloire le bâti.
Vous m’êtes toutes uniques,
Je suis vôtre amant messianique.