Le marin à l’épave:
Quel est ton nom?
Naufrage, répond le gréement.
Habitants de la mer
Loin du mouillage,
La lune, haute et claire,
Tire en vos âmes de bien tristes marées.
Aux profonds des terre vous la contemplez briller.
Le vent agite des arbres la cime.
Les reflets d’argent vous rappellent l’écume dansante sur les abîmes.
Astres, ramenez nous aux humides sillages.
Le marin aux forêts:
Arbres je vous mettrai tous à bats
Et de vos troncs je ferai de hauts mats.
Des pas mal habiles sur un sol sans tangage.
Aux pieds, du brun, que vous rêvez azuré.
Le ciel porteur placide de vos rêves et mirages,
Vous regarde de son intangible sommet
Et vous console de ses ballets muets.
Mouettes chantez pour vos compagnons égarés,
Leurs yeux pris de sel, n’ont nul rouleaux à contempler.
La marin au ciel:
Céleste canopée qui me montre les voies étoilées,
Je rêve un jour de pouvoir te sillonner.
Les hommes, envieux des creux,
Parfois des récifs finissent captifs.
Vivants esquifs aux amarres rétifs,
Condamnés à l’exil d’être trop amoureux.