Sous le feu journalier des tribunaux qui se dressent en herses.
Attaquer de toutes parts par des idiots qui mutuellement se bercent
De leurs pensées immobiles, heureux sous le joug stérile,
Se disant athées, libres penseurs mais vivant toujours dans l’ombres des idoles.
En escadrille ils frappent ceux qui marchent d’un autre pas, qui mûrissent des idées folles.
Ceux qui embrassent la vie dans sa nature absurde,
Ils les jettent au lazaret, les punissent, les privent les isolent.
Mais ces monstres, ces chimères, fait tout entier de la même chair, sans aucun doute de nous tous les frères.
Ces ladres en rayons que l’on tente d’incliner,
Percent le monde, indomptés.
Se brisent comme les vagues en myriades de joyaux.
Se répandent merveilleux, incandescents tels des astres effondrés,
Vagabonds célestes, sans maître ni geôlier.
Nous aurions beau les frapper, les réduire en lambeaux, les traîner aux tombeau,
De nous tous ils resteraient les plus éloquents,
Vifs comme un feu aux broussailles, ardents.
Laissons voguer ces êtres étranges,
Toujours à contre-courant,
Le regards perdu dans le néant.
Ils sont nos flambeaux dans les nuits.
Ils sont nos vœux jetés aux puits.
Ils sont le temps qui change,
Le temps et ses mille détours
S’incarnant en des êtres aux discrets atours.
Nos demains, nos refuges
À l’abri de tous juges.
Notre monde en crue,
Garants de toutes les vertus.



