Les mortes futaies
Crachent anxieuses
Des bras aux verts feuillages,
Roulant la houle de la labour
Aux gréages.
La terre molle sous les pieds,
Se prépare aux grandes marées.
Poussant dans les vivant terrains,
Le chants des vers
Anime les mottes
Tels une jaillissante écume,
Zébrant ce sol honnis des marins.
Terre! Terre!
Crie la vigie bien haute.
Sans mer nulle rive.
Posés sur ce monde statique,
Rien ne dérive.
Un immobile hypnotique
Si loin des côtes.
Le foin se roule en bottes
Mimant les vagues.
Les nuages tentent vainement d’inonder,
Craignant une terre redevenue Pangée.
La vie tout entière réclame son humide berceau.
Les champs dessinent à leurs surfaces
De modestes sillons, les rêvant sillages.
Aidés par les bourrasques qui sifflent bien lasses
Un air aride chargé d’angoisse.
Les bourgeons en prières attendent le déluge.
Une croyance comme seul refuge.
Ivres d’illusions pour se donner la force jusqu’aux éclosions.
Comme la terre se rêvant océan,
Pleine d’espoirs sous les cieux défilants.
Comme l’homme en exil, fuyant,
Cherchant sans fin le bonheur d’un instant.









