Sarah


Un fragile béant
Où s’engouffre néant.
Un cœur sublime parcouru de bien des tranchées.
Un ange déchu sur la terre isolée.
Ceci n’est ni un conte ni une fable
Juste le portrait d’un être admirable .
 
Si nous somme fils de l’humus,
Elle, est fille de Sirius.
Si nous contemplons tristement le ciel,
Elle, en tisse doucement ses mouvantes citadelles.
Si nous nous asseyons pour capter du soleil les rayons,
Elle, en est le rêvé horizon.
 
Comme les charmants esprits des mythes
Dans toutes beautés silencieuses elle habite.
Ses mains se jouent habilement de la glaise,
Tirant mille formes des astrales fournaises.
Plonger quelques secondes dans son regard
Et l’univers vous contera un terrible chagrin,
Tissant un dédale de mystères, abri du divin.
Que j’aimerais pouvoir de cette peine prendre une part,
L’alléger pour un moment d’un peu de son tourment.
Mais comment pourrais je, moi qui ne fut même pas un digne amant.
Alors j’espère que dans ces vers
Elle trouvera un peu de repos,
Que ma poésie se fera air
Et qu’elle s’en gonflera d’un souffle nouveau.
 
Elle est un cœur unique
À la grandeur pudique.
Une idole secrète,
Sœur des vives comètes.
Dans ce monde un titan égaré,
Qui en dessinera un jour les sommets.

 

fleurs

Les dérivants


Retournerons nous aux étoiles ?
Sous la voûte, tes yeux brillants.
Rayonnante, ton visage loin du voile,
Qui aujourd’hui sur nous s’étend.
En prière, les mots se perdent à mi-chemin
Entre mon cœur et le tien.
S’envolent ils dans les hautes couleurs
D’Orion et de Magellan,
Cherchant en nos noms, un abris loin des douleurs.
 
Volez sons solitaires,
Gardez nous vivants.
Non comme amants éphémères
Mais comme des êtres dérivants,
À jamais liés,
Sous la vibrante canopée
Tissée d’éclats immortels,
De bris de nuit éternels.
 
Mon ange à la peau de lait et de rubis,
Jamais mes lèvres ne murmurons : Oublie.

Céraphique


Ce poème comme une fleur,
Je l’épingle sur ton cœur
Pour que jamais tu ne perdes,
L’envie de t’évader.
Mon corps tendu,
Laisse-moi être ton échelle
Vers les aplats régnants.
Ton écuelle,
Portant à ta bouche l’hydromel
Succulent.
Des dieux, volons l’ivresse;
De ces lieux, fuyons la détresse.
 
Viens aux bout de cette rue sale,
Là où s’écrasent les nuages
Couronnés de brillances cristallines.
Nous gravirons les débris de mousseline.
Les passants lèveront le nez,
Médusés.
Qui sont ces deux arpenteurs de mirage?
Un ange portant un homme bancal.
Un homme un peu fou.
Toujours vent debout
Contre le dépit, le dégoût.
Plein de défi, prêt à tout.
Le rose sur tes joues, son phare.
Le fond de tes yeux, l’espoir.
 
Viens, prend ton envol.
Arrachons nous de la vie molle.
Marchons aux bords des falaises
De grès.
Par le vide enivrés,
Ouvrons nos bouches
Et que nos mots ne soient jamais plus que fournaise.
Une ribambelle de syllabes désarticulées,
Chantant l’ivresse loin de l’ivraie.
Entre tes mains,
De glaise
Pousseront les lendemains.
Entre tes reins,
La genèse
De mes mondes oniriques.
 
Tu es mon grand feux,
Mon bleu de Sèvre,
Ma fabrique.
Mon repère au milieu
De mes pensées excentriques.
Pour toi, je suis pris de fièvre
Depuis mes balbutiements.
Dans ces sursauts déments
Quand le monde se fissurait
Sous mes pieds…
Ton corps déjà présent;
À demi-geste comme un saut dans le temps.
 
Ce poème comme une fleur,
Je l’épingle sur ton cœur
Pour que jamais tu ne cesses,
De m’offrir tes baisers
Et que à jamais, une caresse
Suffise à nous retrouver.

 

sarah