La sorcière


à L

Ruisseau de nuit.
Coiffe au corbeaux.
Tes lèvres gorgées d’envie
Soufflent dans de noir appeaux.
 
Des breloque d’or et d’ossements
Se mêlent à tes tresses,
Pendantes négligemment
Au coin de tes yeux de chasseresse
Un petit crâne d’oiseaux repose sur ta poitrine.
Saillies et creux livides
Contrastent avec la chair rebondie.
De mort et de vie, un être hybride,
Tu dévore ceux qui, par tes charmes sont pris.
 
Lune pâle.
Crible de nuages.
Ta peau claire, de la lune le hâle.
Tes pas, de la mort le sillage.
 
Tes traits chargés de douces promesses,
Mènent à la tombe l’homme qui dans tes yeux croit y voir de la tendresse.
Ce pouvoir que tu exerces
Sur l’être aimant empli de liesse,
Est un voisin plaisant de l’agonie
Menant tous ceux qui y succombent
Aux lugubre champs remplis de tombes.
Aujourd’hui c’est moi qui périt.

Amazone bleu


Assise si prés,
Ton regard pris dans les distants
De ton esprit, abri brut de ce monde bruyant.
J’aimerais des yeux pouvoir te dévorer.
 
Dévorer ton visage de chasseresse
Aux yeux perçants.
Ton corps de pécheresse
Aux traits captivants.
Ton blouson noir luisant,
Ta peau brune,
Tes cheveux sombres aux éclaircies de feux
Gravent sur mon âme un désir fiévreux.
Ta robe bleu roi
Fendue sur la longueur
Dévoile ta cuisse soulevant l’émoi,
Prenant le corps d’une vive ardeur.
 
La beauté semble tenir dans tes doigts
Les autres, des ébauches pour enfin te tracer toi.
Ta présence éclipse le monde,
Mon existence même se dilue.
Permets moi la fronde
De caresser ta peau nue.
 
Là devant la masse inconnue,
Nos deux corps entameront une étrange mue.
Celle qui transforme l’individu en union,
Qui chasse le temps et la raison.
Toi et moi sous ce ciel fait d’artifices,
De lampes néons et de plastiques trop lisses.
Offrons à la vue de tous un havre aux bêtes
À la nature sauvage.
Le corps agités en fête
Mêlons nous sans ambages.
 
Liquéfiés en une masse aimante
Dans un charnier fébrile.
Une créature informe, démente,
Abandonnant sa nature servile
Pour s’adonner enfin, au plaisir.

Ô cyeux


Bleu linceul,
Étrange caveau
Duquel les muses veulent
Que je reconquiers mes mots.
Le soleil haut émissaire
S’impose rieur,
De ma peine moqueur.
L’ambre se mêle à mes nuits,
À mes pensées de suif.
Poésie? Non, je manie mystères.
Racle terre,
Survivre à l’enfer;
La foi pour tentation.
Mais mon amour va
À l’absurde et ses omissions.
Alors continue le combat,
Paver le monde de beauté
Jusqu’au jour où, dans tes yeux
Je pourrai replonger.
Voilà mes armes,
Le souvenir de l’émoi et de tes charmes.
Pour toujours bruns seront mes cieux.

Mon Santiago


Sur la route j’en ai croisé de toute sorte,
Des humains brisés aux yeux bariolés de douleurs
Et aux poches, remplies de lettres mortes.
 
Certains soupiraient des tempêtes de langueur,
Les tempes caressées de noires pensées
Et les mains gantées d’horreur.
 
Moi j’étais l’un d’eux, un de ces brisés,
Qui traînait de son cœur les lourdeurs…
Et puis,
 
Là, attablée avec moi,
Assise, distraite,
Perdu dans des pensées secrètes;
Un puits,
Un puits de beauté.
 
Bonjour, d’où venez vous?
Puis-je baiser votre cou?
Je marche le camino,
Et te voilà,
Mon Santiago.
Laisse-moi te regarder à ma guise.
Te fouler, ma terre promise,
Et t’étreindre, dans mes bras.
Moi je veux suivre chacun de tes pas.
 
Déjà quelques jours ensemble.
La nuit, j’en ai les lèvres qui tremblent.
Allongé dans les ténèbres,
Toi tu n’es que lumière.
Au ciel les étoiles te célèbrent.
De mes rêves, tu es l’orfèvre, la joaillère.
 
À tes côtés
Je ne suis qu’un bûcher,
Un fou qui ne cesse de se consumer.
Katerina laisse-moi brûler.
À tes côtés
Je reste muet.
Admiratif de chacun de tes traits.
Katerina laisse-moi te contempler.
À tes côtés
Je veux rester.
Sans toi autant crever.
Katerina laisse-moi t’aduler.

 

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Reine du Finistère


Mon corps reste contrit
Face à tant de beauté
Que je sais, bientôt enfuie.
Comment exprimer,
La grâce,
Qui de l’aube au crépuscule
M’offre des splendeurs funambules,
¬_____prises de clartés prises d’obscurs _-
Au paradis, une place,
                                        ma place.
 
Sur le chemin,
Nombreux s’abreuvent aux fontaines,
La mienne ineffable
Me dicte des soupirs admirables.
De mes écrits châtelaine,
De mes mots le divin,
Katerina, de mes poèmes l’oriflamme,
L’âtre de mon âme.
 
Au travers des nuages
Percent des rayons,
Ce sont des anges les visages
Qui murmurent ton nom.
Tous épris de tes traits,
Des cieux et des astre le laie
Où se dessine le chef-d’œuvre,
Dont toutes les merveilles ne sont que l’épreuve.
 
Tu entends l’appel de terres lointaines,
La nouvelle Zélande emplit tes rêves.
Je ne pourrais souffrir d’être d’une déesse la chaîne,
Alors déjà je pleure sur cette idylle si brève.
Tu partiras bientôt,
Et à ta suite, anges, nuages et oiseaux,
Tout ce qui du monde abrite le beau.
Il ne restera qu’un désert.
Mes yeux emplis d’eau,
Baignés par les vagues de mon Finistère.
Se nommant Faro…

Je suis ton naufrage


Je connais la peine d’exister,
Moi vivante épave aux creux des marées.
J’écoute le chant des désespérés
Qui au radeaux, prient le vent de se lever.
 
Ô destination
Pleines de perditions,
Nombreux affrètes
Bien peu sillonnent les crêtes.
La vie jette mille esquifs
Remplis de marins craintifs
Et aux récifs,
Finissent souvent les plus chétifs.
 
Toi qui a survécu à une mer d’orage,
Viens sur mon corps faire naufrage.
L’amour et ses mirages
J’en connais les ravages.
Le temps de reprendre des forces
Profite de mes planches usées.
Moi je n’attends même plus d’être aimé.
Puis après un baiser,
Tu reprendras ta route étoilée
Prête à lutter face aux vagues féroces.
 
Je resterai alors sur l’eau placide,
Celle des navigateurs aux yeux trop humides.
De ma hune, moi je ne vois,
Je ne vois plus de lune.

Le guet


Dit moi,
Est-ce que tu crois
Que on l’atteindra ensemble,
La fin… la fin de ce monde.
Moi en silence, je redoute chaque seconde
Et je te regarde du fond de mon trou.
 
Ce qui nous rassemble
Je le sais, c’est nôtre peine.
Il est vrai que je les aime, les visages
Des cœurs qui saignent.
Le tien est si doux
Qu’il a chassé tous mes orages
Et en un sourire, dissipé mes nuages.
 
Katerina tu m’enivres
Et de mes mots, tu me prives.
Katerina entre tes lignes je dérive
Et bientôt tu m’abandonneras, comme l’on range un livre.
 
Allez viens,
Demain sera fait de moins d’obscurs.
Sur le chemin,
Le soleil rayonne de bonnes augures.
Je t’étreins,
Dans le silence des dortoirs
Et s’éteint,
En mon âme le désespoir.
Allez viens,
Je t’emmène où tu veux.
Retiens,
Retiens moi juste un peu.
Cet écrin,
Je veux y plonger.
Sans tes reins,
Comment respirer?
Mais il est vain,
De vouloir te garder.
Entre tes rives, je ne suis qu’un guet.

Sarah


Un fragile béant
Où s’engouffre néant.
Un cœur sublime parcouru de bien des tranchées.
Un ange déchu sur la terre isolée.
Ceci n’est ni un conte ni une fable
Juste le portrait d’un être admirable .
 
Si nous somme fils de l’humus,
Elle, est fille de Sirius.
Si nous contemplons tristement le ciel,
Elle, en tisse doucement ses mouvantes citadelles.
Si nous nous asseyons pour capter du soleil les rayons,
Elle, en est le rêvé horizon.
 
Comme les charmants esprits des mythes
Dans toutes beautés silencieuses elle habite.
Ses mains se jouent habilement de la glaise,
Tirant mille formes des astrales fournaises.
Plonger quelques secondes dans son regard
Et l’univers vous contera un terrible chagrin,
Tissant un dédale de mystères, abri du divin.
Que j’aimerais pouvoir de cette peine prendre une part,
L’alléger pour un moment d’un peu de son tourment.
Mais comment pourrais je, moi qui ne fut même pas un digne amant.
Alors j’espère que dans ces vers
Elle trouvera un peu de repos,
Que ma poésie se fera air
Et qu’elle s’en gonflera d’un souffle nouveau.
 
Elle est un cœur unique
À la grandeur pudique.
Une idole secrète,
Sœur des vives comètes.
Dans ce monde un titan égaré,
Qui en dessinera un jour les sommets.

 

fleurs

Les dérivants


Retournerons nous aux étoiles ?
Sous la voûte, tes yeux brillants.
Rayonnante, ton visage loin du voile,
Qui aujourd’hui sur nous s’étend.
En prière, les mots se perdent à mi-chemin
Entre mon cœur et le tien.
S’envolent ils dans les hautes couleurs
D’Orion et de Magellan,
Cherchant en nos noms, un abris loin des douleurs.
 
Volez sons solitaires,
Gardez nous vivants.
Non comme amants éphémères
Mais comme des êtres dérivants,
À jamais liés,
Sous la vibrante canopée
Tissée d’éclats immortels,
De bris de nuit éternels.
 
Mon ange à la peau de lait et de rubis,
Jamais mes lèvres ne murmurons : Oublie.

Céraphique


Ce poème comme une fleur,
Je l’épingle sur ton cœur
Pour que jamais tu ne perdes,
L’envie de t’évader.
Mon corps tendu,
Laisse-moi être ton échelle
Vers les aplats régnants.
Ton écuelle,
Portant à ta bouche l’hydromel
Succulent.
Des dieux, volons l’ivresse;
De ces lieux, fuyons la détresse.
 
Viens aux bout de cette rue sale,
Là où s’écrasent les nuages
Couronnés de brillances cristallines.
Nous gravirons les débris de mousseline.
Les passants lèveront le nez,
Médusés.
Qui sont ces deux arpenteurs de mirage?
Un ange portant un homme bancal.
Un homme un peu fou.
Toujours vent debout
Contre le dépit, le dégoût.
Plein de défi, prêt à tout.
Le rose sur tes joues, son phare.
Le fond de tes yeux, l’espoir.
 
Viens, prend ton envol.
Arrachons nous de la vie molle.
Marchons aux bords des falaises
De grès.
Par le vide enivrés,
Ouvrons nos bouches
Et que nos mots ne soient jamais plus que fournaise.
Une ribambelle de syllabes désarticulées,
Chantant l’ivresse loin de l’ivraie.
Entre tes mains,
De glaise
Pousseront les lendemains.
Entre tes reins,
La genèse
De mes mondes oniriques.
 
Tu es mon grand feux,
Mon bleu de Sèvre,
Ma fabrique.
Mon repère au milieu
De mes pensées excentriques.
Pour toi, je suis pris de fièvre
Depuis mes balbutiements.
Dans ces sursauts déments
Quand le monde se fissurait
Sous mes pieds…
Ton corps déjà présent;
À demi-geste comme un saut dans le temps.
 
Ce poème comme une fleur,
Je l’épingle sur ton cœur
Pour que jamais tu ne cesses,
De m’offrir tes baisers
Et que à jamais, une caresse
Suffise à nous retrouver.

 

sarah