à L
Ruisseau de nuit.
Coiffe au corbeaux.
Tes lèvres gorgées d’envie
Soufflent dans de noir appeaux.
Des breloque d’or et d’ossements
Se mêlent à tes tresses,
Pendantes négligemment
Au coin de tes yeux de chasseresse
Un petit crâne d’oiseaux repose sur ta poitrine.
Saillies et creux livides
Contrastent avec la chair rebondie.
De mort et de vie, un être hybride,
Tu dévore ceux qui, par tes charmes sont pris.
Lune pâle.
Crible de nuages.
Ta peau claire, de la lune le hâle.
Tes pas, de la mort le sillage.
Tes traits chargés de douces promesses,
Mènent à la tombe l’homme qui dans tes yeux croit y voir de la tendresse.
Ce pouvoir que tu exerces
Sur l’être aimant empli de liesse,
Est un voisin plaisant de l’agonie
Menant tous ceux qui y succombent
Aux lugubre champs remplis de tombes.
Aujourd’hui c’est moi qui périt.


