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Catégorie : Mystique
L’Ange
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Les corridaires
J’ai marché la terre
Et les courants d’or,
Les poumons pris d’air
Et de platine aux aurores.
Des tiges de rosée,
Par les vents agitées,
Vogue vogue immobile
Jusqu’au plus haut sommet.
Moi d’hydre et d’asile
Me voilà rassasié.
Sous les ponts les perdants
Des courses effrénées,
Mais aux cœurs beaux amants
Du Zénith constellé.
« Les corridaires
Les courants d’or
Je parle des mots sans chair
Qui toutes règles ignorent »
Haut moulins,
Haut pales éventées,
Tu laisses sereins
Les dérivants passer.
Assis à ton ombre,
Aux écorces je sombre.
Pour eux je suis un esseulé échoué,
Mais ils ne peuvent comprendre que les arbres m’ont parlé
Et adopté.
Amoureux patient,
Je t’attends mon amante.
Une belle aimante
Aux vœux pressants
De vivre indomptée.
Pris de feux,
Brûlant feux nos chaînes.
Loin d’eux à deux,
Tu seras ma reine
À l’oublieuse traîne.
Pauvres de monnaie
Les poches évidées.
Nous vivrons de la poésie de nos peines
Et des étoiles brillantes pour nous, des yeux nos étrennes.

Complainte du Proto-prince
Milles oiseaux.
Milles oiseaux.
Planeurs agiles,
Planeurs d’argile,
Flottent mobiles
Au milieux de curieux stabiles.
Palais nichés
Au plus haut sommet,
Palais nichoirs
Ballant juchoirs.
Quels sont les sorciers habiles
Qui ont su faire tenir une cité
Sur quelques brindilles, quelques béquilles.
J’en suis bouche bée.
Tous les bleu là-haut
On l’orange pour rehauts.
Si belles les couleurs qui dansent,
Ces demeures superbes qui s’élancent.
Moi sous les ombres vives
Je me prends à rêver l’impossible ascension,
Tanguer au rythme de ces surprenantes maisons.
Mais mon corps sans aile m’en prive.
J’aurais beau battre des bras,
Lutter de toutes mes forces,
Je resterai ici-bas.
Ma masse à la gravité ne peux faire d’entorse,
Je ne suis qu’un proto-prince.
La réalité à beau me paraître bien mince
Elle est encore un puissant leste
Qui brise mes rêves et me moleste.

Porte d’or
L’eau olive,
Vert dissimulé d’or,
Danse avec les géantes lascives;
Ou serait-ce le flot qui mord
Les pins, répandant leur résine,
Attirant des cygnes,
Aux yeux invisibles,
Aux mots indicibles,
Aux laideur invincibles.
Haute branche
Au blancheur d’avalanche,
Tes enfants glissent sous tes bras,
Des bras d’ombres grises
Sur la vie sans emprise
Et pourtant tous y gisent.
Enlise
Mes sens
Olive
Immense,
Sans rive.
Ceux qui des terres et des vers
Souhaitent des vérités faciles
Des beautés sublimes, spectacles
Dans l’incongru et les caillasses crues,
Ne vois que choses infertiles
Et du regard bâcle.
Mais le brillant n’est que pyrite,
Poudre pour la bête sans mérite
Aux initiés la beauté partout prend son essor
Le monde entier couvert de merveilles et d’or.

Tout est palais
Tout est cathédrale.
Infinis détails, profondeur fractale.
La beauté sertit la beauté
Dans un ballet complexe
Qui ne trouve de fin,
Que dans les limites de nos cortex.
Alors le méditant serein
Soudain pris de vertige,
Pleure sa petitesse.
Notre esprit piètre aurige
Dévoile vite ses faiblesses.
Regarde un arbre
De son tronc à sa branche puis sa feuille;
Ne sens tu pas ce terrible écueil.
Ce n’est qu’un arbre, un simple arbre
Et déjà il dépasse nôtre compréhension.
Un univers dans un univers.
En déroute la raison s’affaisse,
Jusqu’à l’effondrement.
Bien risibles sont ces quelques vers
Face aux merveilles qui se dévoilent et se dérobent sans cesse.
Je touche le soleil et espère un dénouement.
Mais ici au bout de toute expérience,
Il n’y a qu’un désert sans fin.
Un précipice de démence.
Comment finir sans devenir fou?
C’est impossible je le crains.

Le Tr^ne
Noir rectangle
Qui soutient la sphère d’or.
Tes réflexions grises
Capturent.
Sur moi ton emprise
Comme un silencieux sort.
Mon esprit dans tes sangles.
Distant, moi aux étoiles,
Toi au palais, toujours
Assis dans les symétries.
Tu regardes défiler les jours
Capé d’éclats jaunis.
Ton empreinte jusque dans ma moelle.
Andalou aux motifs mauresques,
Tes ombres se parent d’exquises arabesques.
Las et abandonné dans le froid,
Ici dans cette gare en marge, assaillie d’herbe,
Je me rappelle quand je foulais la terre des rois.
Ton précieux toujours dans les yeux, chasse l’acerbe
Et quand bat la pluie et la foudre,
Au préau je reste de marbre, serein.
Mon âme chérit un peu moins la poudre
Depuis que j’ai embrassé tout tes dessins.
Alors parfois mon verbe se teinte de tes mystères,
Volant aux pythies leurs sonores charades
Pour pourfendre des hommes les mascarades
Et révéler tes brillantes beautés
Qui trônent aux travers des âges.
Source des enseignements de tous les sages,
Ailes invisible du libre penseur,
Hubris vecteur.

Splendeur
Splendeur!
Splendeur!
Je crie ton nom
Ô dieu nouveau.
Par mes chants,
Abandonne tes souterrains oripeaux.
Vois le ciel,
Les démons brandissent l’étoffe de sang.
Ils haranguent les fidèles.
Tous attendent ton retour.
Bien trop longtemps tu as été enfoui
Grondant, nous gardant en vie.
Dans nos ventres, toujours
Un profond bruit sourd.
Splendeur!
Splendeur!
Ces lames noires
Qui plongent aux tréfonds
Te condamnant à l’agonie pour milles éons,
Je les retire, mon verbe mue en arrachoir.
Par mes lèvres dicte ton nouveau monde.
Celui qui dort en moi, nourrissant mes rêves de fronde.
Celui qui habite dans mes plaie, fuyant la laideur.
Celui à mes pieds, déroulant ses splendeurs.
Splendeur!
Splendeur!
Ô puissant ressuscité de mes mots,
Fais jaillir ta flamme.
Guide les armes.
Au bouts des lames, des héros.
Abysse et firmament
Dans la lutte unis.
Idoles et tyrans
Exsangues et punis.

Précipice VII
Toi, mon frères malheureux.
Toi qui est de cire et de creux.
Toi qui marche vers un horizon infini,
Tes traces comme seule mémoire au milieu du vaste oubli.
Écoute les sons que je jette aux vents.
Des sons farouches, vent debout,
De ma gorge aux cieux, hurlants,
Portant l’utopie des fous.
Des étincelles modestes
Qui des foules animent les gestes,
Qui font naître le cour d’eau à l’estuaire,
Le cœur nomade de tout sédentaire.
Je ferai s’effondrer le bleu
Pour raviver le brun de cette terre
Qui n’est qu’une civière;
Des hauts rêves, la litière.
Sans relâche je creuserai
Les profondeurs de mon esprit,
Pour en extraire ces formes ignorées
Et leurs insuffler la vie.
Les mots pour sillons et semences.
Le verbe pour tuteur.
Pousse, pousse avec fureur,
Du monde, la présence.
Jaillis vie et meurs.
Habite chaque heure .
Je te vois vert, entremêlé.
Je te vois sans frein, indomptable,
Lovant chaque plis et replis, implacable.
Je te vois en formes mouvantes, incarné,
Bruyante et repeuplée.
Ce qui n’est que ombres indécises,
Bientôt à nos yeux,
À nos yeux!
Deviendra la terre promise.

Précipice V
Que sont ces formes qui dansent
Sur le fond monotone de mes paupières closes.
Scrutant le monde, je ne vois que la mort en toutes choses.
Mais dans les distants de mes orbites,
L’horizon rouge de ma chair en écran
Anime un spectacle bien vivant.
Ma pensée en signes
Fait apparaître un ancien monde en fuite
Au travers de vives lignes.
Certaines évoquent des êtres placides
Aux corps couverts de carapaces solides.
D’autres étranges créatures
Parcourant les espaces sans bordures,
Trônant sombres dans le ciel
Suspendues par des forces irréelles.
Y a-t-il en moi un monde enfoui ?
Comme les Dieux chantant sous terre,
Un grouillant ballet sous chair.
Cette peau qui est la mienne
Sert -elle de voûte à un occulte bestiaire ?
Dans mes entrailles je les sens gonfler,
Gronder, gémir chargés de haine,
Ils réclament, les crocs montrés
Comme des sentences.
Ils grouillent dans mes membres,
Agitent ma tête prise de fièvre.
Des visions pleines de démence.
Des hurlements aux coins des lèvres.
Mon corps se cambre,
Je convulse.
Ces cris, ces cris… Le monde extérieur me révulse.
