Dis moi que toi aussi,
Tu le vois,
Ce ciel qui au crépuscule m’accueille à son seuil,
Comme un roi,
Drapant mes épaules de galaxies.
Au pied d’un arbres je pose ma tente.
La nuit retient ses fanfares,
Ni grenouille ni grillon.
Ce visage qui me hante,
C’est ta beauté sans fard.
De mon âme je te tends ses haillons,
Car si de la route je suis souverain,
C’est que je la déroule
Pour oublier mon chagrin,
Loin des yeux des foules.
Ici le vent ne porte plus ton parfum.
Ici mon temps ne s’épuise pas à te contempler,
Je l’égraine serein
Le dos chargé.
J’aurais préféré tes bras sur mon corps enlacés,
Mais ton cœur jamais pour moi ne s’est infléchi.
Malgré les mots jetés, les caresses données
Jamais de moi tu ne t’es éprise.
J’espère que tu le vois, le ciel couche sur moi ses galaxies.
Le vide s’étend, noir comme aux premiers âges.
Mes yeux ont déjà vu la grande extinction.
Ces étoiles qui brillent, jetant leurs dernières forces, redoutent de mes pupilles les vérités.
L’univers au bord de s’effondrer,
Happé, aux creux des ténèbres,
Couvrant toute vie
D’une chape,
Éternelle,
Mortuaire.

