Je suis un homme désossé, c’est sûr.
Exilé.
Les songes, aux récifs du réel
Jetés.
Je crains de mes frères les morsures,
Mais comme une bête amoureuse,
Je garde, les babines écumantes;
Me rêvant dans des bras, bête heureuse.
Mes pattes usées sous les néons,
Ces astres artificiels,
Je scrute la surface du béton.
Aux milieux de vous autres, êtres en série,
Ma meute se cache peut-être et comme moi
Rêve de vénustes abris.
S’aimer en silence aux rythmes des floraisons.
Le coquelicot pour roi,
De jolis rebonds pour venaison.
D’amour simple je suis affamé.
Bête traquée
Je fuis des chasseurs les canons.
Sortez du rang
Les voilà à vos traces lancés,
Dressant de leur monde cruel les fanions.
Ils hurlent tonitruants
« Gloire à celui qui à sa suite, le trainera dépecé. »
Ô vastes étendues encore indomptées
Porter mon appel.
De troncs en nuages relayez ma détresse.
Je hurle seul dans mon terrier
Espérant que l’on me révèle
Un monde où les promesses
Restent pleines de vivacité
Et poussent éprises de libertés.
Un monde d’utopie
Que je nommerai Oniri.
À son seuil je le sais, tu attends déjà.









