Ô cyeux


Bleu linceul,
Étrange caveau
Duquel les muses veulent
Que je reconquiers mes mots.
Le soleil haut émissaire
S’impose rieur,
De ma peine moqueur.
L’ambre se mêle à mes nuits,
À mes pensées de suif.
Poésie? Non, je manie mystères.
Racle terre,
Survivre à l’enfer;
La foi pour tentation.
Mais mon amour va
À l’absurde et ses omissions.
Alors continue le combat,
Paver le monde de beauté
Jusqu’au jour où, dans tes yeux
Je pourrai replonger.
Voilà mes armes,
Le souvenir de l’émoi et de tes charmes.
Pour toujours bruns seront mes cieux.

Mon Santiago


Sur la route j’en ai croisé de toute sorte,
Des humains brisés aux yeux bariolés de douleurs
Et aux poches, remplies de lettres mortes.
 
Certains soupiraient des tempêtes de langueur,
Les tempes caressées de noires pensées
Et les mains gantées d’horreur.
 
Moi j’étais l’un d’eux, un de ces brisés,
Qui traînait de son cœur les lourdeurs…
Et puis,
 
Là, attablée avec moi,
Assise, distraite,
Perdu dans des pensées secrètes;
Un puits,
Un puits de beauté.
 
Bonjour, d’où venez vous?
Puis-je baiser votre cou?
Je marche le camino,
Et te voilà,
Mon Santiago.
Laisse-moi te regarder à ma guise.
Te fouler, ma terre promise,
Et t’étreindre, dans mes bras.
Moi je veux suivre chacun de tes pas.
 
Déjà quelques jours ensemble.
La nuit, j’en ai les lèvres qui tremblent.
Allongé dans les ténèbres,
Toi tu n’es que lumière.
Au ciel les étoiles te célèbrent.
De mes rêves, tu es l’orfèvre, la joaillère.
 
À tes côtés
Je ne suis qu’un bûcher,
Un fou qui ne cesse de se consumer.
Katerina laisse-moi brûler.
À tes côtés
Je reste muet.
Admiratif de chacun de tes traits.
Katerina laisse-moi te contempler.
À tes côtés
Je veux rester.
Sans toi autant crever.
Katerina laisse-moi t’aduler.

 

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Reine du Finistère


Mon corps reste contrit
Face à tant de beauté
Que je sais, bientôt enfuie.
Comment exprimer,
La grâce,
Qui de l’aube au crépuscule
M’offre des splendeurs funambules,
¬_____prises de clartés prises d’obscurs _-
Au paradis, une place,
                                        ma place.
 
Sur le chemin,
Nombreux s’abreuvent aux fontaines,
La mienne ineffable
Me dicte des soupirs admirables.
De mes écrits châtelaine,
De mes mots le divin,
Katerina, de mes poèmes l’oriflamme,
L’âtre de mon âme.
 
Au travers des nuages
Percent des rayons,
Ce sont des anges les visages
Qui murmurent ton nom.
Tous épris de tes traits,
Des cieux et des astre le laie
Où se dessine le chef-d’œuvre,
Dont toutes les merveilles ne sont que l’épreuve.
 
Tu entends l’appel de terres lointaines,
La nouvelle Zélande emplit tes rêves.
Je ne pourrais souffrir d’être d’une déesse la chaîne,
Alors déjà je pleure sur cette idylle si brève.
Tu partiras bientôt,
Et à ta suite, anges, nuages et oiseaux,
Tout ce qui du monde abrite le beau.
Il ne restera qu’un désert.
Mes yeux emplis d’eau,
Baignés par les vagues de mon Finistère.
Se nommant Faro…

Je suis ton naufrage


Je connais la peine d’exister,
Moi vivante épave aux creux des marées.
J’écoute le chant des désespérés
Qui au radeaux, prient le vent de se lever.
 
Ô destination
Pleines de perditions,
Nombreux affrètes
Bien peu sillonnent les crêtes.
La vie jette mille esquifs
Remplis de marins craintifs
Et aux récifs,
Finissent souvent les plus chétifs.
 
Toi qui a survécu à une mer d’orage,
Viens sur mon corps faire naufrage.
L’amour et ses mirages
J’en connais les ravages.
Le temps de reprendre des forces
Profite de mes planches usées.
Moi je n’attends même plus d’être aimé.
Puis après un baiser,
Tu reprendras ta route étoilée
Prête à lutter face aux vagues féroces.
 
Je resterai alors sur l’eau placide,
Celle des navigateurs aux yeux trop humides.
De ma hune, moi je ne vois,
Je ne vois plus de lune.

Le guet


Dit moi,
Est-ce que tu crois
Que on l’atteindra ensemble,
La fin… la fin de ce monde.
Moi en silence, je redoute chaque seconde
Et je te regarde du fond de mon trou.
 
Ce qui nous rassemble
Je le sais, c’est nôtre peine.
Il est vrai que je les aime, les visages
Des cœurs qui saignent.
Le tien est si doux
Qu’il a chassé tous mes orages
Et en un sourire, dissipé mes nuages.
 
Katerina tu m’enivres
Et de mes mots, tu me prives.
Katerina entre tes lignes je dérive
Et bientôt tu m’abandonneras, comme l’on range un livre.
 
Allez viens,
Demain sera fait de moins d’obscurs.
Sur le chemin,
Le soleil rayonne de bonnes augures.
Je t’étreins,
Dans le silence des dortoirs
Et s’éteint,
En mon âme le désespoir.
Allez viens,
Je t’emmène où tu veux.
Retiens,
Retiens moi juste un peu.
Cet écrin,
Je veux y plonger.
Sans tes reins,
Comment respirer?
Mais il est vain,
De vouloir te garder.
Entre tes rives, je ne suis qu’un guet.