Landes


Je te suis gris chemin,
Tracé rectiligne
Fait de sable et d’aiguilles de pins.
Des traces de pas, les signes
Laissés par d’autres cheminants,
Arpenteurs du néant.
N’est-ce pas la destination?
Ces allées d’arbres morts,
Ne mènent elle pas au rift de la raison, plongeant dans la folie,
À l’enfer et ses contreforts
Où se lamentent les impies.
 
Au Rift de l’esprit
Où la raison est si mince qu’il y perce la folie
 
Ici les étoiles dans leur chute
Ont soufflé la vie.
Quelques solitaire se dressent  encore, en sursis,
Mats forestiers, symboles de lutte
Bravant l’océan de fougères orangées
 
Landes blessée,
Je photographie ton bois déchiré
Que les forestier ont entassé comme des autels.
J’y dépose quelques vers,
Végétales, fait de bruits indistincts,
D’écorces murmurant au matin,
Pour honorer ta beauté singulière
Presque irréelle.
 
Frère de sève,
De votre linceul sont fait mes rêves .

 

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Logroño


C’est la fête aujourd’hui,
Tes rue sont remplies de bruits.
Les hommes enivrés,
Les femmes dénudées.
Katerina et Su piétinent tes pavés,
Et leur joie non feinte
Finit de m’achever.
La mienne s’est éteinte faute d’étreinte.
Serre bien ton foulard,
Soit du vin un buvard,
Et roule avec moi la tristesse
Dans quelques lieux isolés.
Au matin sans allégresse
De Santiago je reprendrai la chaussée.
 
Logroño, Logroño,
Tes rives en fête
Ne reflètent que mes os.
 
Logroño, Logroño,
Moi l’amant obsolète
Je veux rejoindre Mathéo.
 
Hier soir encore
J’ai croisé un mort,
De la foule invisible,
De mon corps indivisible.
Cela fait des mois
Que nous sommes à l’étroit.
Tous deux marchant du même pas
Celui des ladres dans l’attente du trépas.
Seul les nuages peuvent encore m’apaiser,
Sans doute sont ils nés de mes larmes évaporées.
 
Logroño, Logroño,
Je ne suis qu’une silhouette
Sur ton cours triste radeau.
 
Logroño, Logroño,
Voilà que je m’apprête
À rejoindre Mathéo.

 

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La meute


L’homme droit et pâle,
Comme un cierge dressé brûlant,
Se consume lentement,
Dans le tourbillon roux des meutes de cyons.
La chair s’arrache en lambeaux vermillons.
 
Épais, l’air vibre d’un long râle.
Dans la gorge pousse, de la mort les bourgeons.
Bientôt le cri va s’éteindre,
Étouffé par les mortifères éclosions,
Laissant surgir d’horribles visions;
La horde aux babines rubis célébrant le festin.
 
Le bruit des os sous les crocs canins,
Attirent les rapaces en quête de butin.
Oiseaux et chiens cohabitent sereins.
Au sol l’humain est devenu carcasse.
L’animal en forme noire s’amasse.
Les yeux en faisceaux sauvages,
Captent des cieux la clarté
Et brûlent les ténèbres en cruel foyer.
Les bêtes, avec acharnement,
Détruisent les preuves du carnage.
Mâchent et mâchent encore, méthodiquement.
 
Du malheureux il ne reste rien,
Si ce n’est le sol de sang déteint.
Au-dessus défilent les légions molles,
Complices muettes des dholes,
Oblitérant la lune,
Sans pitié aucune.
 
La steppe à nouveau s’est tue.
La mort dans son silence accru.

 

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Qui m’aime me tue


Où sont passés les bêtes ?
Les nuées ?
Les nuage, les forêts ?
Les mélodies secrètes
Qui au petit matin s’élevaient ?
Ces chorales de plumes éparses, à l’abri dans les feuillages.
Ces visions fugaces qui se jettent à mes yeux
Ont elles existées? Ces mots charmants
Sonnent-t-il vraiment?
 
Il n’y a plus rien.
Un tunnel obscur où s’enfouissent mes sombres augures.
Un trou profond où crèvent mes pulsations.
À bout, à bout ! Mais quand tout ceci prendra fin?
Dois-je encore errer longtemps, lutter face aux néants qui emplissent mon âme?
À marée haute la peine!
Amarrés les drames!
La tête souillée de noirs engrammes.
 
Ma terre à moi est hadéene.
Des cimes de ténèbres s’élèvent,
Cimes de désespoir et d’obsidienne.
Horizon obstrué sans rêve.
Le souffle des vents qui glace et brise le vivant.
La croûte grouillant charnier
Happe et draine le corps de toute volonté.
 
Pourquoi vos yeux ne voient pas l’horreur
Qui gît la dans mes membranes palpitantes?
Ces lames qui pénètrent mes viscères, me privant de sommeil ne me laissant que la torpeur.
Ma voix hésitante chargée de larmes.
Mon visage creusé, les yeux travaillés d’agonie, mes lèvre en quête de poison, d’un bref répit.
Mes mains chargées de plaies invisibles, le dos voûté sous leurs poids.
La misère de mon être contenue à l’étroit.
 
Où sont passés les étoiles ?
Les embruns ?
Les mirages, les beautés ?
La passion primordiale
Qui poussait dans mon cœur ?
Cette force qui nimbait mes sens et les enivrait
Me poussant dans l’enfance a créer, à aimer.
 
Je n’ai plus rien
Que la peine en crue.
Qui m’aime me tue.

 

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Sombre empire


Au travers des aplats souillés,
Dans les forges noires de la pensée,
J’irai!
 
Dans les profonds où le souffle s’éteint.
Là où de souffre et de cendre se chargent les embruns.
Sous les croûtes basaltiques,
Là où chauffent les cheminées mégalithiques.
J’irai!
 
J’irai souriant, affronter la colère du sombre empire.
Celui qui se tapit dans la gorge de l’homme en train de gémir.
Celui où danse les succubes,
Au-dessus des maccalubes.
 
J’irai,
Dans ces sombres tranchées
Brûlantes et moites,
Survolées par de chimérique nuées
Plongeantes pour déchiqueter les malheureux
Enchainés dans les coursives étroites.
J’irais, battant poitrine
Faisant fi des démons odieux
Aux horreurs vipérines.
 
J’irai sous les arches cyclopéennes
Là où sans mesure le mal étend son règne.
 
J’irai dans les cruels précipices
Où hurlent les damnés mis au supplice.
 
J’irai, j’irai au bout des nuits.
J’irai battant tambour
Jusque dans les brûlants fours.
J’irai armes aux poings,
Prêt, prêt à crever comme un chien.
J’irai pour y arracher l’espoir
Et à nouveau, à nouveau cueillir les fruits
Débarrassé, enfin, de cette tête comme un mouroir.
 
Ivre vivant !
Éveillé vibrant !

 

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