Assise si prés,
Ton regard pris dans les distants
De ton esprit, abri brut de ce monde bruyant.
J’aimerais des yeux pouvoir te dévorer.
Dévorer ton visage de chasseresse
Aux yeux perçants.
Ton corps de pécheresse
Aux traits captivants.
Ton blouson noir luisant,
Ta peau brune,
Tes cheveux sombres aux éclaircies de feux
Gravent sur mon âme un désir fiévreux.
Ta robe bleu roi
Fendue sur la longueur
Dévoile ta cuisse soulevant l’émoi,
Prenant le corps d’une vive ardeur.
La beauté semble tenir dans tes doigts
Les autres, des ébauches pour enfin te tracer toi.
Ta présence éclipse le monde,
Mon existence même se dilue.
Permets moi la fronde
De caresser ta peau nue.
Là devant la masse inconnue,
Nos deux corps entameront une étrange mue.
Celle qui transforme l’individu en union,
Qui chasse le temps et la raison.
Toi et moi sous ce ciel fait d’artifices,
De lampes néons et de plastiques trop lisses.
Offrons à la vue de tous un havre aux bêtes
À la nature sauvage.
Le corps agités en fête
Mêlons nous sans ambages.
Liquéfiés en une masse aimante
Dans un charnier fébrile.
Une créature informe, démente,
Abandonnant sa nature servile
Pour s’adonner enfin, au plaisir.