Chère inconnue, dans mes rêves, vous me baisez. Avide, je me perds dans l’immensité de votre peau. M’accrochant à un sein, je reprends mon souffle et sitôt vous me replongez dans l’étreinte de vos reins. Aphrodite protéiforme au visage passé et futur, aux galbes abusés et fantasmés, chimère des désirs qui dans ce monde clos me guide dans le jouir, le fuir. Mais à cette fugue immobile, succède le monde tombeau où milles âmes bousculent mes sens et attisent mes manques. Tous ces corps aux fourreaux me tuent aussi sûrement qu’une lame. Chair inconnue, chère nue, laissez-moi boire à vos lèvres en crue, noyant de rubis et d’ambre l’écrin écru couvrant mon peu de vertu. De vous, je veux jouir. En vous, je veux périr. Chair tombeau, engloutissez mes restes.
