Chère inconnue, je dois vous dire avant de vous chérir que de souffrir mon cœur ne cesse, et de votre corps, je ferai liesse, je ferai laisse. Sans vous, je gis mes heures. Par vous, surgit mon meilleur, le verbe vainqueur dissimulant un cœur vaincu, les gestes d’ardeur de ma sève en crue. Explorez-moi comme une terre inconnue, modelez-moi comme un pot de terre crue. Nu, je me jette à vos pieds; esclave, je vous lave. Je ne suis qu’une épave dépravée, sabordez mes vertus. Je supplie plus que je n’exige car, sage, l’âge m’a enseigné que liberté seule n’est que perte de temps et que la seule liberté est de choisir de qui l’on souffre. Souffrez-moi.
