Chère inconnue VI


Chère inconnue, voilà peut-être que je m’adresse à vous, ainsi pour la dernière fois. Je vous ai rêvée, fraîche altérité, joie neuve chasseuse du passé, mais voilà que d’hier, ressurgit rampante celle que je croyais pour toujours oubliée. À notre rencontre, je l’ai vue en conquête mais en vérité j’étais la conquise, la terre foulée, l’annexe à ses rebonds gorgés de volupté. Je me souviens encore dans les moindres détails de ce couloir qui me l’a dérobée, ses moulures grossières et son tapis aux motifs floraux élimés; et tes larmes, tu partais tes paumes de mon cœur, seules ensanglantées, tout en m’offrant le spectacle de l’amante repoussée. Deux fois, le coup de grâce, de grâce rends-moi mon cœur qui de toi seul peut battre, de grâce rends-moi ces larmes qui sur mon visage devraient couler. Battu, défait, vaincu, vain cœur qui ne sait plus battre, qui ne saigne que ton sang, daigne m’offrir la mort à présent. Mes mots confus confondent le présent du passé, m’as-tu tué ce jour-là? m’as-tu aimé jamais? Jamais plus poème ne sera vierge de toi et pourtant mon temps s’écoule sans je t’aime. Une passion en entame laissée en suspend loin de ses charmes…

 

proseviolette_7

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