Chère Inconnue V


Chère inconnue, belle effigie figée dans mes ombres, de la bête l’obsédant nombre, vos mimiques agitent, dans les souilles de mon âme, les dépouilles chimériques de romances oubliées. Vibrantes, sur les sommets négatifs, mes muses vêtues en corbeau dansent, leurs corps couverts de noires graphies, exécutant une sensuelle chorégraphie. Les seins, aux traits de sueur, giclent, éclats pris dans les blêmes lueurs de mes désirs inavoués – que de vos doigt vous maitrisez comme de vulgaires poupées. Vos fils tiraillent ma peau, je m’agite gonflant d’ivresse, gonflant d’hubris. Certes, je ne suis qu’à la fosse et elle vit de divin, mais, en l’instant, je me crois d’envol et amant devient, jusque pousse au cœur l’horreur de vérité; une inconnue de plus m’enchaînera dans les noires tranchées au soliloque et à l’air vicié où les crues dans la gorge restent coincées, où le mâle se dresse et retombe pour mieux se briser. La beauté est un tranchant où le romantique aime à s’entailler. Chère inconnue, vos charmes acérés de mon sang m’ont évidé.

 

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