Chère inconnue I


De rose vêtue,
Ma violette, ma reine muette,
Tu as fané me yeux.

Chère inconnue, je vous dérange et je m’en excuse mais au monde sous une de ses secrètes franges, une apparition a fait sonner son verbe étrange, l’évidence dévoilée, ma muse porte vos reflets. Dans la nuit sans doute sentez-vous s’effacer votre beauté, c’est que doucement je vole vos traits dans mes vers, fait d’horizon en face B. Mes mots sans ruse ne font que suivre des séraphins les instructions. Ici, sur le vierge des terres, j’entame en gestes doux la construction d’une tour empruntant la grâce de votre cou. Au détours d’un rêve je vous y attend, tressant poèmes visant sommet sans compter à en perdre pieds. Sans vous j’ai perdu le goût des mots tenus, j’ai perdu goût. Les jours s’éveillent successifs et plaintifs, pleins d’à coup en germe, portant des coups d’estocs par mes larmes émoussées. L’hankou dort à mes côtés, je crains de périr sans vos baisers, je tiens cœur à ma tête blessée mais pressez votre pas amante rêvée.
Dans ma cache sans relâche, je creuse, mains nues, la croute aurifère pour nous tracer belle route au cœur des sommeillants mystères.
Même si les longues heures accumulent le gris, le gris des jours sans vous, je chante épris à la croisée de nos chemins pour pousser un crépuscule plus loin mon languissant destin. Demain, demain je vous étreins ou je m’éteins.

 

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