Au travers des aplats souillés,
Dans les forges noires de la pensée,
J’irai!
Dans les profonds où le souffle s’éteint.
Là où de souffre et de cendre se chargent les embruns.
Sous les croûtes basaltiques,
Là où chauffent les cheminées mégalithiques.
J’irai!
J’irai souriant, affronter la colère du sombre empire.
Celui qui se tapit dans la gorge de l’homme en train de gémir.
Celui où danse les succubes,
Au-dessus des maccalubes.
J’irai,
Dans ces sombres tranchées
Brûlantes et moites,
Survolées par de chimérique nuées
Plongeantes pour déchiqueter les malheureux
Enchainés dans les coursives étroites.
J’irais, battant poitrine
Faisant fi des démons odieux
Aux horreurs vipérines.
J’irai sous les arches cyclopéennes
Là où sans mesure le mal étend son règne.
J’irai dans les cruels précipices
Où hurlent les damnés mis au supplice.
J’irai, j’irai au bout des nuits.
J’irai battant tambour
Jusque dans les brûlants fours.
J’irai armes aux poings,
Prêt, prêt à crever comme un chien.
J’irai pour y arracher l’espoir
Et à nouveau, à nouveau cueillir les fruits
Débarrassé, enfin, de cette tête comme un mouroir.
Ivre vivant !
Éveillé vibrant !
