Précipice VII


Toi, mon frères malheureux.
Toi qui est de cire et de creux.
Toi qui marche vers un horizon infini,
Tes traces comme seule mémoire au milieu du vaste oubli.
Écoute les sons que je jette aux vents.
Des sons farouches, vent debout,
De ma gorge aux cieux, hurlants,
Portant l’utopie des fous.
Des étincelles modestes
Qui des foules animent les gestes,
Qui font naître le cour d’eau à l’estuaire,
Le cœur nomade de tout sédentaire.
 
Je ferai s’effondrer le bleu
Pour raviver le brun de cette terre
Qui n’est qu’une civière;
Des hauts rêves, la litière.
Sans relâche je creuserai
Les profondeurs de mon esprit,
Pour en extraire ces formes ignorées
Et leurs insuffler la vie.
 
Les mots pour sillons et semences.
Le verbe pour tuteur.
Pousse, pousse avec fureur,
Du monde, la présence.
Jaillis vie et meurs.
Habite chaque heure .
Je te vois vert, entremêlé.
Je te vois sans frein, indomptable,
Lovant chaque plis et replis, implacable.
Je te vois en formes mouvantes, incarné,
Bruyante et repeuplée.
Ce qui n’est que ombres indécises,
Bientôt à nos yeux,
À nos yeux!
Deviendra la terre promise.

 

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