Que sont ces formes qui dansent
Sur le fond monotone de mes paupières closes.
Scrutant le monde, je ne vois que la mort en toutes choses.
Mais dans les distants de mes orbites,
L’horizon rouge de ma chair en écran
Anime un spectacle bien vivant.
Ma pensée en signes
Fait apparaître un ancien monde en fuite
Au travers de vives lignes.
Certaines évoquent des êtres placides
Aux corps couverts de carapaces solides.
D’autres étranges créatures
Parcourant les espaces sans bordures,
Trônant sombres dans le ciel
Suspendues par des forces irréelles.
Y a-t-il en moi un monde enfoui ?
Comme les Dieux chantant sous terre,
Un grouillant ballet sous chair.
Cette peau qui est la mienne
Sert -elle de voûte à un occulte bestiaire ?
Dans mes entrailles je les sens gonfler,
Gronder, gémir chargés de haine,
Ils réclament, les crocs montrés
Comme des sentences.
Ils grouillent dans mes membres,
Agitent ma tête prise de fièvre.
Des visions pleines de démence.
Des hurlements aux coins des lèvres.
Mon corps se cambre,
Je convulse.
Ces cris, ces cris… Le monde extérieur me révulse.
