Précipice


Sous la croûte vibre le chant
De grands dieux gisants.
Leurs longs membres étendus
Surgissent parfois, striant les plaines
De motifs sombres, de longs doigts d’ébène.
Face à cette vue, l’homme se jette à terre, salissant de poussière ses haillons écrus.
L’étoffe au fil des prières se pare de dessins qui, comme les livres sacrés, arbore les splendeurs de la piété.
 
Ces titans morcelés, inondent les corps de leurs étrange polyphonies.
Les ondes sonores éveillent dans le creux des hommes les souvenirs d’étendues fragiles, s’animant au moindre souffle.
Là dans le miroir mobile, baigne encore le corps de nos mémoires blessées.
 
Qui a volé nos azurs et nous a jetés dans ces aplats desséchés.
Nos cœurs dans l’estran crient, appellent le mascaret.
Qu’il vienne laver de tout maux l’écorce brune qui nous sert de peau.
Vibrez, vibrez dieux fous,
Enfouis sous la terre comme enterrés vivants.
Que vos chants crachent l’effroi
Et chassent la terre creusant un détroit.
Là nous danserons dans la tranchée
Et nos habits pâles onduleront comme l’écume.
 
Tout ceci ne sera qu’illusion,
De folles agitations.
Soulevant la poussière, remuant les tréfonds;
Et quand nos corps épuisés
S’effondreront comme les vagues sous le poids de leurs couronnes argentées.
Nous observerons la sueurs palpitante à nos fronts, merveilleux linceuls, derniers embruns .

 

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