La meute


L’homme droit et pâle,
Comme un cierge dressé brûlant,
Se consume lentement,
Dans le tourbillon roux des meutes de cyons.
La chair s’arrache en lambeaux vermillons.
 
Épais, l’air vibre d’un long râle.
Dans la gorge pousse, de la mort les bourgeons.
Bientôt le cri va s’éteindre,
Étouffé par les mortifères éclosions,
Laissant surgir d’horribles visions;
La horde aux babines rubis célébrant le festin.
 
Le bruit des os sous les crocs canins,
Attirent les rapaces en quête de butin.
Oiseaux et chiens cohabitent sereins.
Au sol l’humain est devenu carcasse.
L’animal en forme noire s’amasse.
Les yeux en faisceaux sauvages,
Captent des cieux la clarté
Et brûlent les ténèbres en cruel foyer.
Les bêtes, avec acharnement,
Détruisent les preuves du carnage.
Mâchent et mâchent encore, méthodiquement.
 
Du malheureux il ne reste rien,
Si ce n’est le sol de sang déteint.
Au-dessus défilent les légions molles,
Complices muettes des dholes,
Oblitérant la lune,
Sans pitié aucune.
 
La steppe à nouveau s’est tue.
La mort dans son silence accru.

 

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