Aux bords
De la raison déroulée,
Exsangue et usé.
Mené jusqu’aux confins de son désert.
La tête tombante,
Menton collé au plexus solaire.
L’ombre du midi
Comme seul témoin,
Prise sous les pieds, en repli.
C’est donc ici que finissent tous les lointains.
Un horizon palpable.
Un écran tendu,
face à un homme sans but.
On le disait infini,
Mais l’univers lui aussi
Se montre décevant.
Cela fait bien longtemps
Que sa voix s’est éteinte.
Alors, sans un soupir
Il ouvre ses mains comme un livre
Et regarde ses larmes écrire.
La vie feinte
Dans cette tristesse dissociée.
Son esprit ne ressent plus,
Tout en lui s’est tu.
Mais le corps, mécaniquement,
Continue d’irriguer
De souffle, d’amer et de sang.
» Ô ciel, préserve moi.
Recueille moi dans tes étendues bleu roi.
Je resterai muet,
À te regarder sans fin rouler,
Sans fin pousser tes nuages.
Sous tes étoiles, mon champs d’orpaillage.
Tes marées hautes en couleur,
Tire mon cœur vers tes célestes rives,
Tels un doux haleur.
Ô ciel arrache moi à mes douleurs si vives,
Imprègne ma vie de tes récits d’or ».
