Ce sont mes derniers vers
Dit le poète face à la mer.
Raide, le regard scrutant les limites,
Il s’immerge à l’unisson
De l’astre mourant sur l’horizon.
Les vagues s’écartent et l’invitent.
Sa solitude pour seule amante,
Il s’enfonce dans l’eau clémente,
Sans pleurs ni regrets.
Ses mains on tant travaillé le verbe
Qu’il n’as plus de mot. Muet
Plutôt qu’acerbe,
Se dit-il, la bouche en biais,
Au plus profond brisé.
Son menton épousera bientôt
Le reflet mouvant dans l’eau.
L’appréhension de la douleur,
Glace son sang.
Le visage aux ternes couleurs
S’anime, vivant.
Une dernière inspiration,
L’instant d’après le fluide prend ses poumons.
Sur l’onde calme balance la lune en médaillon.
Le Soleil et le poète, engloutis par le fond.
