À la fenêtre,
Le ciel est gris.
Je le préfère ainsi,
Nuageux, moucheté de pluie.
Car, quand il déploie son bleu triomphal,
Il me semble jeter sur moi un regard plein de mépris.
Alexandre toisant un Diogène de pacotille.
Écrasé, je me sens prisonnier. Je regarde par la grille,
Le dégradé superbe rit de ma vie en morceaux.
Allongé sur le lit ma pensée rampe alors, au caveau.
J’imagine l’instant fatal.
À la fenêtre
La vie murmure.
Un enfant pleure,
La route, quelques bruits de moteur.
Ces sons anonymes et quotidiens,
L’humain en lutte. Elle viendra c’est sûr
La gardienne d’un ailleurs serein.
Alors de mon lit je ravive mon cœur
Des peu d’images heureuses que mes mains ont arrachées sur l’affreux chemin.
Ces images qui me tiennent à flot,
Malgré l’instant chargé d’aigreur,
Je les chéris, elle sont de mes mots;
L’or.
À la fenêtre,
Penche toi et tu me verras marcher.
Encore un jour, peut-être plus qu’une minute.
Laisser au sol, de ses pieds,
La trace éphémère.
De chute en chute,
Tenter de bâtir la joie, ou au moins,
Une imitation sommaire.
À la fenêtre,
La vie n’offre rien.
Il est affreux le chemin,
Mais celui qui l’empreinte y cueille parfois, de quoi fleurir ses matins.
