Les migrants


Des pas dans le sable presque effacés.
Un migrant était là il y a quelques instants,
Mais déjà au présent il est absent,
Par l’écume sa sœur probablement dévorée.
 
Au milieu des géants avaleurs de troupeaux,
De ces hordes de fous bâtisseurs de châteaux,
Ils marchent écœurés et pleins de sanglots.
Le cœur toujours ouvert
Trop épris de la chair.
Errant à l’oblique des sédentaires,
Qui se lient et oublient de toute chose la nature éphémère.
 
Leurs esprits éparses, doux embruns,
Roulent en tout lieu chantant les paradis lointains.
Modestes radeaux pris dans le tumulte des eaux,
Ils ont pourtant le regard fier d’un vieux capitaine de vaisseau.
 
Éternels amants de la lune,
Ils ne souhaitent souvent qu’une chose,
Se mouvoir dans le vent comme la dune,
Vivre sans attente comme des êtres de proses.

 

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