Je marche, le visage figé comme portant un masque de pierre.
Je ne suis qu’une âme vagabonde traînant dans cette cité sédentaire,
Une goutte insulaire perdue dans la vaste Pangée.
Le disque d’or, ami de mes errances, se dressant haut zénith en témoin muet,
J’observe la lumière couler en cascades
Et s’écraser sur les pavés.
De couleurs bruyantes, l’invisible cavalcade
Crache au sol, en rebonds sur chaque relief et aspérité,
Des rayons précieux,
Murmures poétiques des grands dérivant aux cieux.
Tramways, chiens, passants,
Marchent, vifs entre les bâtisses
Piétinant l’instant.
Pourtant, ici, les secondes tissent
Des beautés impalpables, certes,
Mais monumentales.
Je vous laisse vôtre statuaire inerte,
Pour parcourir les merveilles vivantes et idéales
Que les astres nous jettent comme des
cordes pour nous hisser
Et que la commune ignorance pousse à mutiler sous les pieds.
