Ils pensent que je suis fou;
Mais dans la panse d’un hibou,
Géant,
Je roule en rêve
Et mes mains croassent,
Noirs corbeaux aimants,
D’amour lasse
Travaillent le tourment
En des mélodies brèves,
En poésies idiotes,
Sottes.
Alors enfant,
Toi qui aussi ébauche,
Par des mots encore magiques
Entre tes lèvres impudiques,
Un monde certes un peu gauche
Mais gonfler de merveilleux irréels,
D’outre monde outrancier,
Superposant les voyelles
Et les formes de couleurs bariolées.
Trouve toi vite un gros hibou,
Un oiseau de nuit,
Qui t’abritera dans ses replis
Pour y rester un peu fou,
Épris de fulgurances
Irrationnelles,
De migrances
Démentielles.
Nous volerons tous deux au dessus
De ce charnier tragique
Où les adultes tuent
Leurs royaumes féériques.
