Écarts Ô précipices


Qu’il est beau le soir,
Grand, plein d’espoir.
Couché sur l’horizon
Avec mes deux frères lointains,
Duo solaire,
Nous regardons sereins,
Au ciel, l’Azur roi mué en éther,
Semé les nocturnes floraisons.
Merveilleux diamantaires
Aux chandelles perdues qui espèrent,
Muettes,
Pointant des anges les silhouettes.
Pour quelques heures,
Me voilà calme.
Un voile recouvre ce monde qui écœure.
Soir de soie soit ma balme.
Ta distante paroi
Absorbe mes rêve en fuite.
Une comète passe, portant l’éclat
De rois, anciens souverains
De lointaines cités détruites.
Sous mes yeux combien de mondes défaits
Allument les astres de leurs désirs échoués?
Portefaix d’idéaux imparfaits,
En leur nom jamais je ne cesserai de lutter.
 
Ici on crève, coincé dans les précipices.
Une vie sans joie, une vie de sacrifice.
Alors le soir, quand doucement s’endorment
Mes frères uniformes.
Je regarde mourir les rayons,
Accoudé sur le balcon.
Les mots pour seules ailes,
Je m’arrache des abîmes.
Analphabète et ménestrel,
Je porte ma déprime de rime en rime.
Elle peut-être brève
Pourvu que ma vie soit belle.
Je battrai des vers sans trêve
Tendant tel un arc mes poèmes,
À l’image de Gabriel
Porteur de bonnes nouvelles.
Je tire un trait au cœur des esseulés
Et leurs dessine un ciel
Pleins de magie retrouvée.

 

WP_20160905_6846

Laisser un commentaire