Mille bâtis,
Écrasés par un seul roulant nuage.
Seigneur porteur de brillantes images.
Sans poids,
Pourtant si pesant sur nos paysages.
Prêtez moi votre doux mors,
Indolents régnants,
Cavaliers célestes,
Ignorants les terrestres lests.
Comme vous je veux me laisser porter par le vent.
Dériver paisiblement sous le disque d’or.
Faire couler mon ombre sur la pierre.
M’étendre sur l’horizon,
Et croître tel le lierre.
Messagers du Zéphyr,
Compagnons du Levêche,
Apprenez moi à voguer sans ire,
À filer silencieux comme une flèche.
À gonfler dans le ciel
Pour me teinter d’éclats sur-réels.
Je me ferai léger,
Aérien,
Élève appliqué,
Fils éolien.
Vous me porterez alors
Auprès de votre Père,
Le grand jeteur de sorts,
Maitre de l’éphémère,
Amis des grands feux.
Enfin, je me soulèverai loin des hommes
De leurs vaines audaces,
Des foules envieuses et lasses.
Pour caresser les dieux.
Entouré de mes nouveaux frères, dans les légions d’iridium.
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Êtres pétris
De vaines audaces,
Persuadés de déjouer le temps;
Au-dessus des bêtes, en roi,
L’homme s’agite, remue la terre,
Couvre son corps de platine et d’or
Et défile tout gonflé, si fier,
Oubliant toujours son ultime sort.
