Sur la route j’en ai croisé de toute sorte,
Des humains brisés aux yeux bariolés de douleurs
Et aux poches, remplies de lettres mortes.
Certains soupiraient des tempêtes de langueur,
Les tempes caressées de noires pensées
Et les mains gantées d’horreur.
Moi j’étais l’un d’eux, un de ces brisés,
Qui traînait de son cœur les lourdeurs…
Et puis,
Là, attablée avec moi,
Assise, distraite,
Perdu dans des pensées secrètes;
Un puits,
Un puits de beauté.
Bonjour, d’où venez vous?
Puis-je baiser votre cou?
Je marche le camino,
Et te voilà,
Mon Santiago.
Laisse-moi te regarder à ma guise.
Te fouler, ma terre promise,
Et t’étreindre, dans mes bras.
Moi je veux suivre chacun de tes pas.
Déjà quelques jours ensemble.
La nuit, j’en ai les lèvres qui tremblent.
Allongé dans les ténèbres,
Toi tu n’es que lumière.
Au ciel les étoiles te célèbrent.
De mes rêves, tu es l’orfèvre, la joaillère.
À tes côtés
Je ne suis qu’un bûcher,
Un fou qui ne cesse de se consumer.
Katerina laisse-moi brûler.
À tes côtés
Je reste muet.
Admiratif de chacun de tes traits.
Katerina laisse-moi te contempler.
À tes côtés
Je veux rester.
Sans toi autant crever.
Katerina laisse-moi t’aduler.
