Je suis ton naufrage


Je connais la peine d’exister,
Moi vivante épave aux creux des marées.
J’écoute le chant des désespérés
Qui au radeaux, prient le vent de se lever.
 
Ô destination
Pleines de perditions,
Nombreux affrètes
Bien peu sillonnent les crêtes.
La vie jette mille esquifs
Remplis de marins craintifs
Et aux récifs,
Finissent souvent les plus chétifs.
 
Toi qui a survécu à une mer d’orage,
Viens sur mon corps faire naufrage.
L’amour et ses mirages
J’en connais les ravages.
Le temps de reprendre des forces
Profite de mes planches usées.
Moi je n’attends même plus d’être aimé.
Puis après un baiser,
Tu reprendras ta route étoilée
Prête à lutter face aux vagues féroces.
 
Je resterai alors sur l’eau placide,
Celle des navigateurs aux yeux trop humides.
De ma hune, moi je ne vois,
Je ne vois plus de lune.

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