Céraphique


Ce poème comme une fleur,
Je l’épingle sur ton cœur
Pour que jamais tu ne perdes,
L’envie de t’évader.
Mon corps tendu,
Laisse-moi être ton échelle
Vers les aplats régnants.
Ton écuelle,
Portant à ta bouche l’hydromel
Succulent.
Des dieux, volons l’ivresse;
De ces lieux, fuyons la détresse.
 
Viens aux bout de cette rue sale,
Là où s’écrasent les nuages
Couronnés de brillances cristallines.
Nous gravirons les débris de mousseline.
Les passants lèveront le nez,
Médusés.
Qui sont ces deux arpenteurs de mirage?
Un ange portant un homme bancal.
Un homme un peu fou.
Toujours vent debout
Contre le dépit, le dégoût.
Plein de défi, prêt à tout.
Le rose sur tes joues, son phare.
Le fond de tes yeux, l’espoir.
 
Viens, prend ton envol.
Arrachons nous de la vie molle.
Marchons aux bords des falaises
De grès.
Par le vide enivrés,
Ouvrons nos bouches
Et que nos mots ne soient jamais plus que fournaise.
Une ribambelle de syllabes désarticulées,
Chantant l’ivresse loin de l’ivraie.
Entre tes mains,
De glaise
Pousseront les lendemains.
Entre tes reins,
La genèse
De mes mondes oniriques.
 
Tu es mon grand feux,
Mon bleu de Sèvre,
Ma fabrique.
Mon repère au milieu
De mes pensées excentriques.
Pour toi, je suis pris de fièvre
Depuis mes balbutiements.
Dans ces sursauts déments
Quand le monde se fissurait
Sous mes pieds…
Ton corps déjà présent;
À demi-geste comme un saut dans le temps.
 
Ce poème comme une fleur,
Je l’épingle sur ton cœur
Pour que jamais tu ne cesses,
De m’offrir tes baisers
Et que à jamais, une caresse
Suffise à nous retrouver.

 

sarah

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