Ne faisons semblant de rien,
Tout est cruel.
Entre nous; aucun lien.
Seul la mémoire, si vive, presque charnelle.
Un instant j’ai tissé
De tes yeux, des rêves.
Ce bleu aux éclipses brèves,
Animait alors mes vœux,
S’imposait, idole, dieux
Et mes horizons, envoutait.
Tes gestes, fils des rue, des quartiers;
Comme des fauves indomptés
Aux robes cousues de nacre;
Semblaient célébrer des sacres,
secrets.
L’air de ta présence, se chargeait de fragrances
D’ambre, d’encens, de pure jouissance.
Ta voix, un chœurs vibrant
Du timbre de myriades d’enfants,
Hurlant leur joie,
Ô nouveau printemps.
Tu siégeais en tous lieux,
Égrenant milles regards envieux,
Comme une muse hors du temps.
De la beauté tu étais ma loi.
Envolées désirs, soupirs.
Ces instants chargés de mélancolie,
Ont fait œuvres.
Il m’aura fallu, en poésie mourir,
Pour enterrer sur mon cœur ta tyrannie.