Divagation sous le crépuscule d’albâtre


Ce crépuscule si pâle
S’abaisse sur ma vie et la vide.
En un long râle,
Tu m’évides.
Est-ce le prix ?
Veiller sous tes reflets blancs de nuit,
Traîner dans ce monde que tu emplis.
Tes yeux dans chaque lever, dans chaque coucher.
Mon cœur à toi lié et, pourtant, tu ne m’as jamais rien donné :
Nul espoir, nulle tendresse.
Ma vie pleine de paresse,
Paralysée d’obsessions.
Mes mots perdus en élucubrations.

Les cieux, épris de ta beauté, tracent de blanc et de bleu des répliques de tes traits,
Qui planent au-dessus pour me hanter.
Dans les flaques gouttent tes merveilles,
Mes pieds s’y prennent et les traînent
En traces humides. De mes pensées, tu es la reine, tu es la traîne.
Mariée fantasmée des astres se consumant pour toi seul.
Tout ce qui brille ne brille que pour toi.
Le grillon dans les fourrés,
Le Soleil étendant ses traits irisés.
Tout ce qui vit danse, chante,
Tous ici bas pour te charmer.
Un univers tout à toi dédié.
Comment alors te captiver,
Toi pour qui tous ont les yeux levés ?

Pourtant, je me dois d’y arriver, ne serait-ce que pour un baiser.
Tu m’as tant dépossédé.
De mes heures,
De mes rêves que tu ne cesses d’habiter.
De mes jours,
De mes sens que tu ne cesses d’enivrer.
De mes souffles,
De mes pas, sans cesse vers toi dirigés.
Offre-moi une seconde, un regard.
Une heure, un geste.
Ton éternité, tes bras enlacés.
Sacre-moi entre tes reins
De plumes, je serai ton chevalier,
De ton crépuscule, je serai libéré,
Et, dans mes aurores, je te verrai dénudée.

Mon cœur enflé,
Tu m’accompagneras, habitante silencieuse de mes tracés.
Muse généreuse coulant dans mes lais.
Amie, amante, tu ne seras jamais oubliée.
Ma route toujours là pour te recueillir.
Mes bras toujours là pour te soutenir.

 

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