Une poupée à la peau d’albâtre,
Le visage incrusté de saphirs.
Tes yeux : l’océan qui soupire.
Face à toi, je ne suis qu’un iconolâtre,
Un exalté avide de te contempler,
Un crucifié, un martyr,
Cherchant dans la foule un dernier sourire
Pour oublier la douleur de ses mains clouées.
Le rose pâle de tes joues déverse la douce lumière d’un vitrail.
Elle inonde et aveugle mes yeux
Captifs, hypnotisés, amoureux,
Cherchant de ton être, la secrète faille.
Je t’en prie, couvre mon corps d’étoupe
Et embrase-moi.
Offre-moi ta bouche comme une coupe,
Embrasse-moi.
L’espoir perle de tes seins,
La foi coule entre tes reins.
Tu es mon Christ féminin,
Mon dieu païen.
Je me jette à tes pieds,
Mes mains en prières.
Offre-moi ta chair,
Que je la couvre de baisers.
Tu es l’astre effondré
Où gravite l’infinie beauté,
La singularité esthétique,
Un cri du cœur comme une foule hystérique.
Mais, moi, je ne suis rien pour toi :
Ni amant, ni ami.
Un agrégat de chair anonyme.
Un détail que tu balayes d’un doigt.
Un misérable qui supplie.
Un chien hurlant dans l’abîme.
Je ne suis qu’un fou qui trime,
À percer ta pierre des ses mains molles,
À charmer tes lèvres avec des mots banals.
Je ne suis qu’un poète aux tristes rimes
Qui, bercé par ses idées folles,
À cru, un jour, pouvoir d’une déesse être l’égal.
