Toi et moi


Je le sais,
Toi et moi,
Nous sommes faits du même bois
Cabossé,
Celui que l’on trouve sur les plages, délavé,
À l’ombre d’un hôtel vieilli.
Un bois flotté,
Aux formes biscornues,
Qui inspire aux esprits
Des paysages incongrus.

Toi et moi, ce n’est pas un amour pour construire.
Je nous rêve amants pour détruire,
Voir nos vœux, l’un dans l’autre, se briser,
Vivre une vie de terre brûlée.
Deux éclats si sombres
Que le noir se met à pâlir,
Que l’espoir se met à pourrir,
Dévoré par nos ombres.

Toi et moi, repus de nos sons,
De nos cris, de nos pleurs,
De la chair en sueur.
Crépusculaire orphéon.
Jouissance orpheline.
Deux exilés de la moraline.

Viens, je serai tes ténèbres,
Celui qui pousse en avant,
Qui glace le sang,
Comme l’éloge funèbre
D’un enterré vivant.
Viens vivre un amour sauvage,
Sans adjuvant,
Loin des tristes passants,
Sur les lames taillant les rivages,
Au chevet d’un monde
Cataclysmique,
Un hypermonde
Fait de nous deux, hystériques.

Viens crever dans la panse d’un géant,
Jouir dans les orgies d’indigents,
Brûlée sur les bûchers séculaires,
Dressés par les vagabonds stellaires.

Toi et moi, enchaînés,
Toi et moi, condamnés,
Mais notre liberté consommée.

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