Si un jour tu as besoin
D’un vaisseau
Pour traverser les eaux,
Loin des abris sereins,
Les eaux, aux brisants d’acier,
Aux roulantes tourmentées,
Je serai là, arqué,
Tout prêt à recueillir ton souffle usé,
Ton corps mutilé.
Dans mes yeux, nulle blessure, nulle usure ne pourra te désenchanter.
Si un jour l’envie te prend
De sillonner, au rythme des pâles informes,
Sur les routes silencieuses bordées d’ormes,
De faire bouillonner l’aventure dans ton sang,
Je serai là, prêt à te porter
Aux travers des sentiers
Que pour toi j’aurai pavés de mots:
Ceux du monde sauvage,
Des hurlements, des hululements,
S’élevant des forêts, en mirage,
Ébruitant la beauté, en écho,
Par vagues, au loin, l’espace se dessinant.