Mon amer,
Montre-moi la voie
Vers tes terres.
Aux abois,
Tenant fermement les cordages,
Épuisé, je cherche un mouillage.
Sans tes bras
Jetés à la mer,
Je finirai, à grands fracas,
Brisé sur un affleure.
Sans tes yeux,
Vidant l’amer,
Je crisperai, anxieux,
Mes poings de rancœur.
L’écume furieuse
Me crie haut et fort :
« Ces rives lumineuses
N’ont plus de port. »
La houle soulève alors ses puissantes vagues
Et perce la coque par de sifflantes pointes, comme des dagues.
Mon corps jeté au froid,
L’eau me mutile et me noie.
De la côte, tu lances une bouée
Mais tu ne seras jamais ma Gaud.
Soudain, les éclats terrifiants se font émeraude,
La mort m’apaise par son chant,
Je me laisse couler doucement,
Pour mourir au fond du monde inondé,
À l’abri de tes cruels reflets.