Souveraine, j’accepte ton joug,
Je me plie à tes goûts.
Me voilà, avançant à genoux,
Oublie en moi tes dégoûts.
Je te deviens lieux de plaisance,
Lieux d’aisance.
J’irai boire, à tes lèvres, les fluides ambrés.
Tu baiseras ma chair, par tes mains, tuméfiée.
Ma bouche, comme des babines,
Laisse-moi jouir sous ta badine.
Nous suivrons les tracés malsains,
Pour se réveiller amnésiques au petit matin
Et lire, dans les yeux l’un de l’autre, nul jugement,
Juste le regard complice
De deux êtres, au bord de l’écœurement,
Entaillant ensemble ces tracés trop lisses,
Qui grèvent les ivres vivants,
Les êtres trop concupiscents.
Viens explorer la folie,
Longer les rebords de l’esprit.
Laissons derrière nous la morale et la bienséance.
Mêlons-nous aux bêtes qui jouissent d’inconscience.
Médusons les regards d’inconvenance.
Brisons les liens tissés par mille siècles civilisés,
Frayons tous deux en quête d’instantanéité.
Le plaisir en éruption,
Gorgé des liquides de notre humanité en sédition.
Nous finirons détruits,
Sans plus aucune illusion
Ni vœux dérisoires.
Deux êtres éprouvés, trop épris,
L’âme usée de multiples lésions,
Mais la tête héroïque d’érotiques histoires.