Un bonheur discret


Un voile bleu de givre.
Un cristal pur.
Éther en épure.
 
Mon azur dérobé,
Ne cligne pas des yeux que je puisse m’y réfugier,
Caressé par les merveilles marines,
Portant tes pupilles,
Ce paradis où dansent les Océanines,
Où se reflète tendrement
Mon cœur en guenilles.
 
C’est de ton souffle que sont faits mes soupirs.
Dans le silence, sans m’éconduire,
Tu continueras, en prêtant peu d’attention,
Par tes mouvements discrets, à entraver mes rêves faits tout entiers de tes contours.
Mon paysage onirique
À jamais marqué de ton corps impudique.
Je t’en prie, porte-moi secours,
Laisse-moi poser mes yeux vulgaires
Sur tes traits ivoire.
Laisse-moi, un instant, effleurer ta chair,
Accrocher ma vie à tes doigts en dévidoirs.
File-moi sans répit,
Foule-moi, foule-moi en terrain conquis.
 
Ma Polyphonte, je percerai tes aigreurs et adoucirai ton cœur, loin des hommes sous le joug, mêlés aux bêtes, je t’apprendrai les jours, et là où tu me sais vaincu, tu m’y découvriras seigneur.
Viens avec moi, dans mon doux royaume que l’on nomme amour, je t’en dévoilerai les secrets, les milles détours.
Ensemble, nous traverserons le monde, pour sortir des bocages et des futaies, cherchant, sans boussole, les sauvages contrées pour y bâtir un bonheur discret;
Et si, pour moi, il n’y a nul demain, je m’en irai, à jamais porté par tes yeux céruléens.

Laisser un commentaire