Le vol


Entamons ensemble un doux madrigal.
Comme les amants de Chagall,
Partons, légers, en promenade
À la rencontre des processions de ménades.
 
Laissons à nos pieds, nos vies,
De modestes exuvies.
Accrochons-nous au dos d’un grand volatile,
Nos souffles en péril,
Suivons-le dans ses aventures transandines.
Nous atteindrons les cieux supérieurs
Aux couleurs changeantes de la tourmaline.
Sur notre vaisseau de plumes,
Je caresserai ta peau, délicat palissonneur,
Chassant en toi toute amertume.
 
Puis, nous irons dans cet espace au noir de bitume,
Là où les astres percent, en silence,
Ces ténèbres pleines d’insolence,
Recouvrant les mondes
De leurs couleurs infécondes.
 
Ici, à l’abri de tous,
Nous dériverons, comme de jeunes mousses,
À la découverte de ces merveilleuses étendues,
Celle de l’Éther et de nos corps nus.

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